"La danse classique est une forme héritière de la belle danse française pratiquée en Europe occidentale depuis le XVIIe siècle et dont les principes fondateurs sont l'en-dehors et l'aplomb, l'esprit de rigueur et de netteté, le souci d'élégance et de clarté."
"Art vivant, la danse classique ne cesse de s'enrichir, assimilant au fil des siècles de nouveaux apports (notamment, au XIXe siècle, la technique des pointes ).
(...)Composante essentielle du spectacle de ballet, elle est diffusée à travers toute l'Europe durant les XVIIIe et XIXe siècles, puis gagne les autres continents dans la seconde moitié du XXe siècle.
Ayant, pendant près de quatre siècles, subi des mutations, elle garde des éléments qui la rattache à ses origines. Parmi ces traces durables, le vocabulaire qui a servi à décrire et à nommer le mouvement, par son usage ininterrompu depuis le 17ème siècle, étendu aujourd'hui de l'Amérique au Japon, donne la preuve incontestable qu'elle demeure une esthétique de référence au-delà des modes et des frontières."
"Avec la création de l'Académie royale de danse en 1661, un formidable élan est donné. L'élaboration d'un vocabulaire gestuel, qui constitue la première étape d'un long cheminement, s'achève à l'aube du XVIIIe siècle avec la publication du traité de R.A. Feuillet.
Articulé autour de 13 familles de pas totalisant quelque 500 variantes codifiées, il est mis au service tant de la danse haute (manière de danser qui utilise l'élévation en principe fondateur, on dit aussi " danse par le haut ") que terre à terre (manière de danser caractérisée par des mouvements " doux ", " graves " et " posés ", avec modulations de pliés et élevés, sans perdre le contact avec le sol).
Durant tout le XVIIIe siècle, tant les genres lyriques (opéra-ballet, tragédie en musique, tragi-comédie ballet) que le ballet-pantomine exploitent le vocabulaire de la belle danse tout en l'enrichissant."
"(...)Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, la danse évolue considérablement dans sa technique et dans sa conception. Les héros délaissent les cimes du Mont Olympe pour les forêts brumeuses du Nord (ballet romantique) ou bien le monde enchanteur des contes de fées.
Plus que l'invention des pointes, c'est leur utilisation à des fins poétiques qui marque le nouveau style.
Associées à la magie du jupon de tulle, et plus tard du tutu, elles donnent à la danse classique son aspect quasi définitif.
Mais les chorégraphes des Ballets Russes de Diaghilev et ceux du style néoclassique rompent cette image.
En multipliant les positions et les enchaînements, en jouant avec l'aplomb dans une dialectique constante entre verticalité et horizontalité, alternant les mouvements arrondis et angulaires, ils créent un langage gestuel qui perpétue le classique tout en l'élargissant.
(...) Si les pointes restent presque toujours de règle, le tutu, remplacé par le maillot académique, n'est plus que le vêtement emblématique de la danseuse. "
"De la brèche ainsi ouverte s'engouffrent des chorégraphes contemporains de filiation classique (J. Kylian, W. Forsythe) qui proposent une autre utilisation de leurs modèles de référence.
Ainsi chaque époque, chaque chorégraphe, chaque interprète même, apporte sa contribution, modelant la danse classique par ajouts successifs dont aucun n'annule l'autre.
Sur le plan esthétique, si le concept de la danse classique date du XVIIe siècle, l'expression qui la désigne paraît deux cents ans plus tard.
Elle remplace alors celle de " danse noble " datant du XVIIIe siècle, substituée à " belle danse ".
La création de " La Sylphide ", en 1832, en est le détonateur : " dès ce moment, la vielle danse sentit qu'elle était perdue (...) C'en était fait de la danse noble, classique et télégraphique " (Petits mémoires de l'Opéra, 1857).
(...)Elle sera sublimée par les " temps d'aplomb " du pas de deux. C'est précisément à cette esthétique, élaborée en plein romantisme, que l'on se réfère aujourd'hui lorsque l'on parle de danse classique."
"C'est aussi à elle que se réfèrent les critiques des premières saisons des Ballets russes de Diaghilev. (...) Tout comme Racine auquel ils sont comparés, les danseurs des Ballets russes sont " classiques ".
Lancé, le mot ne quittera plus la danse, nées d'évolutions inévitables, coexisteront avec la danse ou tenteront de la supplanter."
"(...)La danse classique du XXe siècle a permis à ses interprètes de s'exprimer pleinement et d'exprimer leur temps.
Reste quand il est confronté aux grands ballets du répertoire, le danseur classique doit aujourd'hui, s'il veut trouver la force mesurée du mouvement, accomplir un double cheminement : retourner à la source pour chercher la vérité du geste fondateur et y puiser sa force pour créer le sien selon ses propres valeurs ."
Je pratique cette danse depuis que j'ai l'âge de 4ans. Cela fait ma onzième année que je la pratique.